25 novembre 2011 ~ 0 Commentaire

MAZAGRAN

Mazagran, naissance d’une nouvelle ville

Avec une dynamique de développement harmonieux de son tissu urbain, l’antique ville de Mazagran tend vers la naissance d’une nouvelle ville, où son patrimoine culturel millénaire côtoie magnifiquement les nouveaux centres urbains et où le traditionnel se marie merveilleusement avec le moderne grâce au génie d’un maire follement amoureux de sa ville qu’il chérit depuis 15 ans déjà… !

Mazagran, naissance d’une nouvelle ville
De Tamazaghrane à Mazagran
Fondée en l’an grégorien 905 par l’émirat des « Houara » qui ont érigé une citadelle donnant naissance à la première ville de Mazagran. Cette cité se distinguait par sa situation stratégique à quelques centaines de mètres de la mer, la richesse de ses sols fertiles, et surtout l’abondance d’eau de ses multiples sources ; ces atouts naturels ne tardèrent pas à la faire convoiter par tant de conquérants. Au fil des siècles, Mazagran fut la proie à plusieurs occupations, elle fut tour à tour prise par le royaume des Mérinides de 1239 à 1462, conquise par les Espagnols du 15ème au 19ème siècle, et elle a fini par être colonisée, comme le reste des villes du pays, par les Français en date du 28/07/1833. Elle tient son nom d’une expression berbère composée de deux mots dont ma (désignant l’eau en langue française) et zagran (signifiant abondance en français). La version sur l’origine a été authentifiée par les études de deux chercheurs dont le géographe Abou Abid qui la nommait par « Tamazaghrane » à travers ses écrits en 1094 et autre historien du nom d’El Yagoubi, à travers l’un de ses ouvrages, paru en l’an grégorien 905 où il donnait le nom de « Mazagran » à l’antique ville. C’est en date du 06 /07/1869 qu’un arrêté départemental fut publié, il portait sur la création de Mazagran avec comme seconde agglomération,la localité d’Ouréah ,elle obtient le titre de commune à part entière et indépendante de la ville de Mostaganem .A l’indépendance,elle perd son statut de commune en 1965 pour se faire rattacher à la ville de Mostaganem en qualité d’agglomération secondaire ,elle ne reconquit son titre perdu qu’avec l’aménagement territorial de l’année 1984 où elle devient de nouveau une commune par arrêté ministériel sous le numéro 84/365 en date du 1er Décembre 1984 . Aujourd’hui, Mazagran s’étend sur une superficie de 19 kilomètres carrés, compte déjà une population de 22.000 âmes et se projette vers un avenir des plus prometteurs ; la renaissance d’une ville antique qui a su sauvegarder son patrimoine culturel si riche et qui tient à rayonner davantage parmi les meilleures villes du pays.

Des vestiges datant de l’époque romaine
La ville de Sidi Belkacem dispose d’un patrimoine culturel des plus riches à l’échelle nationale, elle reste une cité antique dont l’âge d’existence dépasse largement les 1000 ans, sa création remonte à l’an grégorien 900, des vestiges existent encore, dont les plus anciens demeurent les marches en pierre taillée, sise à la partie « nord » de la ville, elles datent de l’époque romaine selon les déclarations du guide, un jeune originaire de la ville,qui parait mieux connaître l’histoire de la cité. D’autres joyaux de l’époque dont la mosquée des Mérinides de 9 siècles d’âge, la « colonne » qui surplombe la ville et qui a été érigée en 1840 après la fameuse bataille de Mazagran, glorifiée à jamais par le chantre Sidi Lakhdar BEN KHLOUF à travers une Iliade de 99 vers, titrée par « Kissat Mazaghrane ». La vieille mosquée transformée en cathédrale, après la chute de la ville aux mains de l’armée coloniale reste également un des prestigieux vestiges du riche patrimoine culturel de la ville, qui doit être restauré et sauvegardé pour l’histoire et le bien des générations futures. De tels sites historiques méritent une meilleure attention de la part de la direction de la culture qui doit veiller à la protection de ce patrimoine culturel de haute valeur, qui, faute d’entretien, risque de se perdre à jamais. La ville de Mazagran, de par la présence de tant de sites historiques semble être un musée à ciel ouvert, qui reste à découvrir.

Une vocation agricole, toujours bien ancrée
La vocation première de la ville, reposait autrefois sur l’agriculture et distinguait Mazagran, par une forte production particulière, celle des roses et des tulipes, selon un vieux « Mazaghrani », B.M, âgé de 81 ans, rencontré au seuil de l’une des multiples mosquées de la ville à l’attente de la prière du Dohr. Cette culture a cessé avec le départ des colons, elle a cédé la place aux jardins potagers qui cernaient la ville, mais qui ont fini par disparaître, ravagés par le béton et surtout le tarissement des sources et des puits individuels. Les sources qui jaillissaient au bas du monticule ont presque toutes disparu. Le reste des terres agricoles représentant 60% de la superficie du territoire, est toujours cultivé avec une prédominance pour l’arboriculture, en particulier les agrumes, l’olivier et le grenadier. L’eau à usage agricole parait être insuffisante selon un jeune fellah qui préfère irriguer ses vergers par citerne, les puits agricoles ne fournissent plus d’eau en abondance. Quelques parcelles sont utilisées pour la culture du maraîchage, en particulier la tomate qui occupe des dizaines d’hectares et qui emploie des dizaines d’ouvriers venant de la wilaya de Chlef. Mazagran tient trop à sa vocation agricole qui la caractérisait dans le temps malgré la baisse du débit de sa forte nappe phréatique, ses vergers subsistent encore et demeurent toujours verts.

Le tourisme et la petite industrie, deux autres atouts majeurs 
La commune connaît un élan touristique depuis une dizaine d’années avec l’aménagement du pole touristique « Les Sablettes » et la station balnéaire d’Oureah, deux lieux de détente qui ne désemplissent point durant tout l’été. Ces deux destinations touristiques connaissent des affluences record au cours des saisons estivales d’année en année, de par la disponibilité des commodités, dont l’eau en quantité suffisante et l’éclairage public mais surtout la sécurité des lieux qui attire le plus d’estivants au bord de ces deux jolis rivages. Quant à la petite industrie, elle s’est développée lentement mais sûrement, plus d’une vingtaine d’unités de productions sont aujourd’hui, opérationnelles, elles ont généré des centaines de postes d’emploi stables et sont parvenus à couvrir tant de besoins en produits et en biens d’équipements. La disponibilité d’un foncier à bon prix et la situation stratégique de la commune dont la situation à quelques centaines de mètres de la mer et sa proximité de la ville de Mostaganem, poussent les industriels à s’implanter et à investir à travers le territoire de cette commune vouée à un meilleur avenir industriel.

Un taux élevé de scolarité et un lycée encombré 
Mazagran connaît également un taux des plus élevés de scolarité de la wilaya, avec 05 collèges et 07 primaires et un unique lycée qui n’a pu parvenir à contenir le flux d’élèves dont une forte majorité étudiait au lycée voisin de Hassi Mamèche. Malgré sa capacité d’accueil de 800 places et ses divisions, le lycée ne saura jamais faire face à l’affluence des élèves accédant en première année secondaire venant des 05 collèges, la tension sera plus forte dès l’année prochaine rentrée scolaire, la surcharge se fait déjà sentir âprement au cours de cette année scolaire, selon les dires d’un professeur d’anglais. La projection de la construction d’un nouvel établissement secondaire dans un proche avenir, demeure une des nécessités absolues à prendre en considération pour répondre à cet encombrement au sein des classes du lycée qui « respire » déjà mal. Les écoles primaires semblent mieux loties que le lycée en question, elles bénéficient d’une aide précieuse accordée par l’A.P.C, qui les gâte, elles jouissent de l’eau courante en permanence, du chauffage des classes et elles respirent la propreté de par la dotation régulière en ingrédients et autres produits d’entretien.

Un quota de logements sociaux, qui prête à rire… ! 
Considérée comme une seconde agglomération urbaine aux abords de la ville de Mostaganem, Mazagran reste submergée par un flux de migrants venus des villes voisines de la wilaya, et n’a pu à ce jour bénéficier d’une considération particulière de la tutelle en se taillant un bon quota en logements sociaux. Malheureusement et en l’espace d’une dizaine d’années, la wilaya n’a pu que lui réserver un des plus maigres quotas en matière de logements sociaux et de résorption de l’habitat précaire. Seuls 20 logements ont été distribués et 80 autres logements réalisés dans le cadre de la lutte contre le logement précaire. Cette offre reste plus qu’insuffisante par rapport à la demande qui a vu le dépôt de plus de 1200 dossiers qui attendent d’être traités. Le quota disponible en logements socio participatifs dont la formule attire également beaucoup de postulants, ne semble point répondre à la forte demande exprimée sur ce type de logement. Les 400 logements attribués, dont 150 ont été déjà construits et réceptionnés et 250 autres demeurent encore à l’étude, n’ont pu répondre aux attentes d’une frange de citoyens qui se sentent lésés de ne pouvoir en bénéficier. Une offre assez conséquente en nombre ne pourra qu’apaiser la tension sur la demande en logement, Mazagran dispose d’un tissu urbain qui ne demande qu’à être bâti selon un membre de l’A.P.C.

Une polyclinique avec un plateau technique « des plus légers » 
La nouvelle polyclinique de la ville, sise au chemin des crêtes ne semble guère répondre aux aspirations des citoyens qui attendent un plus de cette nouvelle structure venue parer à un manque qui se faisait sentir dans un proche passé. Selon quelques malades chroniques rencontrés sur place, la programmation hebdomadaire ou mensuelle de consultations spécialisées sera d’un important secours pour cette catégorie de malades, contrainte de se rendre encore aux polycliniques de la Salamandre ou à celle des HLM, certains ne disposent ni de moyens de transport ou financiers pour se rendre toutes les semaines à ces lieux ou les consultations spécialisés sont disponibles. D’autres malades souhaitent la disponibilité d’un service de radiologie pour les cas urgents et un mini laboratoire pour les analyses les plus courantes. La disponibilité d’une ambulance en permanence serait également un avantage de plus pour pouvoir secourir à temps les malades nécessitant un déplacement urgent vers l’hôpital de la ville. Une population estimée à 22.000 habitants mérite mieux qu’une polyclinique « atrophiée » et deux salles de soins dont 01 à Ouréah, la santé reste un des capitaux les plus précieux au monde, que seule une bonne couverture sanitaire saurait protéger.

Une jeunesse, éprise de pétanque et des chants « aissaoui » 
Les jeunes « Mezaghranis » comme leurs aînés semblent nourrir de fous penchants pour la musique et les chants de la secte des « Aissaouis » qui disposent d’une zaouïa qui ne se vide jamais et connaît, été comme hiver, une forte affluence d’adeptes venant des quatre coins du pays. Cette ancestrale et traditionnelle parait se perpétuer de génération en génération et d’époque en époque, de très jeunes gens fredonnent des paragraphes entiers d’un des chants les plus récités. Interrogé sur cette tendance qui n’a pu se perdre au fil des âges, un des « mokadem » de la tarika, rencontré au sein d’un des « cafés publics » de la ville, explique que la tradition n’a pu s’égarer que grâce à certaines familles conservatrices qui se transmettent de père en fils, cet héritage particulier qui survivra à toute modernité ou progrès et sera toujours présent. Une autre catégorie de jeunes ne jure que par d’interminables parties de pétanque, que seul le mauvais temps parvient à suspendre momentanément, des tournois sont organisés de temps à autre et ont permis à certains joueurs de se faire distinguer à l’échelle locale et nationale. Le hand-ball a tenu une bonne place au sein de la jeunesse « mezaghranie » mais a fini par s’essouffler par le manque du nerf de la guerre, malgré les résultats plus que satisfaisants obtenus par l’équipe qui a su offrir de véritables champions dont certains ont quitté le territoire national pour se frayer des chemins ailleurs.

Une nouvelle ville se dessine à l’horizon 
Bénéficiant d’une forte recette fiscale dépassant les 30 milliards de centimes, Mazagran ne s’est pas endormie sur ses lauriers, elle a su savamment utiliser à bon escient ses deniers publics grâce à la gestion méticuleuse et au centime près d’un maire hors du commun, qui assume son troisième mandat, M.B.Mustapha, un élu qui diffère différemment de tant d’élus et qui semble placer Mazagran au dessus de tout. Ce dernier avec une vision d’avenir, a su garder intact le patrimoine culturel de la ville, en orientant l’urbanisation de la cité vers d’autres lieux, et en permettant la naissance de nouveaux centres urbains dont le bas Mazagran, la création de nouvelles artères, et dernièrement tout un nouveau boulevard reliant l’ancienne ville à la cité du « chemin des crêtes ». Grâce à son intelligence, il a su effacer sans trop de grogne populaire, les bidonvilles qui enlaidissaient la ville, il vient d’en faire du site du Télégraphe, un futur centre urbain avec un véritable plan d’occupation de ses sols. En un mot, en 15 années, Mustapha comme l’appelle le tout mazagran a su offrir à sa ville une rénovation totale de ses réseaux d’eau potable, d’assainissement, d’éclairage public et partiellement de gaz naturel et de visage et refaire presque tout son aménagement urbain. Mazagran risque de ne plus revoir un autre « Mustapha » qui saura lui garder l’image de cette nouvelle ville qui se dessine à l’horizon.

 

Mohamed El Amine

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