Archive | AIN NOUISSY

23 janvier 2012 ~ 0 Commentaire

EZ-ZORG- MOSTAGANEM : Un douar condamné à l’oubli

Ez-zorg est ce douar frontalier entre les communes de Sirat et d’Ain Nouissy, divisé en deux zones dont chacune relève territorialement d’une commune, parait ne point connaitre ce développement social tant attendu par les citoyens, lui offrant un cadre de vie moins contraignant et assez plaisant. Le quotidien des habitants d’Ez-zorg demeure une mal vie qui ne se supporte plus, le dégout règne en maitre absolu des lieux et le déficit en infrastructures sociales ; une lamentable tare qui se constate également en tous lieux…. !

EZ-ZORG- MOSTAGANEM : Un douar condamné à l’oubli
Finalement, le douar d’Ez-zorg ne semble bénéficier d’aucune considération en matière de développement social, son statut de douar d’une époque révolue tient à lui coller au corps malgré la cinquantaine d’années d’indépendance. Rien n’a pu changer au douar depuis le départ des Français, comme le tient à le dire El Djilali A , un citoyen originaire du bourg, âgé de 70 ans, il vient faire de l’auto-stop  pour se rendre aux villages de Sirat ou d’Ain Nouissy ,depuis voilà presque 50 ans au bord de « route blanche » (trig el beida) qui a juste reçu une couche de bitume dont une partie a été emportée par les eaux pluviales et une autre érodée par l’usage. Depuis plus de deux heures, il est là à attendre le retour de l’unique « Karsan » qui assure la navette entre le chef-lieu et le hameau et  tarde malheureusement à revenir, El Djilali peste contre les élus  qui ont promis  monts et  merveilles depuis presque 05 ans au douar et qu’à ce jour rien n’a pu se produire ou se réaliser. Certains de ces « numéros » comme préfère les surnommer le vieux citoyen, n’ont pas hésité à dire aux gens  que tout ce qui manque au douar, sera disponible après les élections au plus tard une année, mais le mandat électoral tire à sa fin, et le douar continue de survivre du à  un manque flagrant de tout développement, finit par conclure le septuagénaire écœuré par tant de promesses mensongères. Aujourd’hui, la zone basse d’Ez-zorg, relevant de la commune de Sirat n’est pas mieux lotie que celle de la partie haute qui est gérée administrativement par la commune d’Ain Nouissy, elle reste livrée à la merci des humeurs des élus qui sont venus juste solliciter les voix de ses résidants pour les soutenir a obtenir des sièges au conseil communal, et dont  aucun élu ne s’est manifester depuis le temps que par le revêtement en bitume d’un chemin  menant juste au domicile parental et depuis, rien n’est venu améliorer le cadre de vie de ces citoyens qui se sentent si oubliés par le train du développement social que connaissent les autres douars de la région.
L’unique chemin, seul lieu de rencontre
L’unique chemin, transitant par le douar semble être également le seul lieu de rencontre des citoyens qui se sont résignés à se rassembler par bande de 04 à O5 éléments le long de son trajet. Choisissant les rares arbres qui le longent de par et d’autre, les jeunes se regroupent selon les âges, en cercle et se livrent à de longues conversations qui n’ont ni tète ni queue, ils « tuent » le temps comme le déclare, Kadda.K, un jeune licencié en lettres arabes depuis 04 ans. Il me confirme  également que cette route qu’il préfère appeler « la voie de l’espoir » permet à des dizaines de jeunes d’échapper à la morosité du temps et surtout de la folie qui les guette à chaque détour. Cette drôle de monotonie qui règne au douar, caractérisée  par l’absence de loisirs sains, a fini par  pousser certains  jeunes à souffrir de troubles du caractère, quelques uns se soignent déjà, alors que d’autres continuent  de se replier sur  eux-mêmes   et sombrent dans une forme de folie sans nom. Kadda me déclare que ce chemin communal est devenu à la longue, un carrefour d’échanges d’idées à ciel ouvert pour certains jeunes lettrés qui se sont engagés à prendre en charge le reste des jeunes à la recherche de savoir et d’informations. D’autres ont opté pour la pratique des jeux, dont le plus prisé reste le domino, un jeu attirant des dizaines de joueurs qui organisent un genre de tournoi où certains sont devenus de véritables champions imbattables de partie en partie. Tous les soirs, de longues veillées sont animées par  des dizaines de jeunes, qui s’échangent les nouvelles du jour et l’actualité du douar. Après tant d’attente dérisoire, ils  ont perdu l’espoir en ces autorités locales qui leur ont promis des maisons de jeunes où ils auraient pu s’abriter en ces soirs  d’hiver .Malgré le feu qu’ils tentent de ranimer à tour de rôle avec des bouts de bois, ils demeurent exposés à tous les dangers possibles et surtout au rude froid qui les fait greloter le long de cette route que rien n’éclaire de bout en bout…. !
Sur le long chemin de l’école
Finalement, l’école n’est pas si proche du douar, les élèves  du premier palier scolaire n’ont pas le choix pour étudier que de se rendre à pied aux établissements scolaires primaires voisins, ceux  d’Ain Nouissy  ou du chef-lieu. Selon le parent d’élève, Ahmed M, les petits  écoliers et écolières ont assez de peine  à  se rendre aux lieux d’étude, surtout en ces jours pluvieux, les intempéries  les empêchent  souvent à sécher tant de cours. Sa fille Karima ; âgée de 10 ans, en 4éme année, risque fort de refaire sa classe pour la seconde fois pour  les absences répétées mais surtout l’obtention de résultats scolaires médiocres.  Elle se lève à 06 heures du matin, elle avale vite un bout de pain et boit à la hâte son lait salé, elle avance en titubant le long d’une piste mal éclairée, elle somnole encore l’attente de ses camarades sous l’immense olivier, lieu de rencontre et de départ des élèves vers les lointaines. De là et sous le noir qui sévit, les jeunes écoliers  engagent une course contre la montre et une marche de 4 à 5 kilomètres vers  les classes d’études où souvent  ils parviennent en retard de quelques minutes. Certains enseignants  reconnaissant les efforts qu’ils fournissent pour étudier, les admettent au cours sans trop les blâmer, mais certains les chassent sans chercher à en connaitre le motif  de l’absence. Contraints de refaire le trajet, ces derniers finissent par revenir en larmes au foyer, où souvent  ils sont reçus par des parents qui les blâment de ne pas avoir pressé le pas pour être à  l’heure à l’école. En face de tant d’obstacles entravant une bonne scolarité, beaucoup de parents ont fini par plier et ne plus chercher à poursuivre  le cursus scolaire des enfants, ayant mis fin à toute étude. Les filles demeurent les plus frappées par cette sévère mesure nuisant à la scolarisation  surtout pour les élèves de sexe féminin en milieu rural, par le manque flagrant d’écoles proches des lieux de résidence. La crainte de l’agression motive davantage les parents  à ne plus scolariser la  fille qui reste plus exposée au mal que le garçon, selon l’avis du parent d’élève, M.A.M.
Une injection à  deux cents dinars …. !
L’autre  problème majeur que rencontrent quotidiennement les citoyens du douar d’Ez-zorg est l’absence de la couverture sanitaire, inexistante de par  le manque  flagrant d’une salle de soins. Cette infrastructure sanitaire manquant au bourg est devenue une  des lourdes tares  qui nuisent à la santé des habitants, certains  ont vu leur état de sante s’aggraver davantage par le manque de soins réguliers. Un malheureux diabétique ,M.L.H a perdu déjà un orteil par la négligence de soins journaliers qu’il devait apporté à une légère plaie du doigt de son pied gauche, ce dernier a fini par ne plus se rendre au centre de santé du chef-lieu par le manque surtout du transport et de l’éloignement du centre où il recevait les soins nécessaires à sa plaie .Malheureusement ,ce malade a vu  son mal se compliquer et  finir en gangrène  qui l’obligea à  se faire amputer l’orteil totalement infecté. D’autres cas nous ont été cités, mais le plus malheureux de tous les citoyens du douar, reste M.K.B, un vieux retraité qui a tant de mal à faire ses injections que le médecin lui a prescrit pour le traitement de sa bronchite chronique. Ne disposant pas de moyen personnel de transport, le pauvre retraité s’est vu obligé de prendre presque tous les jours, place  à bord du véhicule  d’un clandestin qui dessert  le douar en exigeant de fortes sommes  pour les courses qu’il assure. N’ayant aucun choix pour se faire injecter ses piqures, M.K.B  a du solliciter le clandestin pour le déplacer du douar au centre de santé du chef-lieu, mais il a du également payer une   forte somme  pour la course qui se chiffrait à  200 dinars  pour une seule injection. Quant aux vaccins pédiatriques les parents  ont fini par se rendre à l’évidence, ils cotisent pour louer les services d’un transporteur public qui assurent le déplacement des femmes et des enfants vers les unités de la protection maternelle et infantile de la localité de Sirat pour la prise des vaccins  à d’exigeants couts  également…. !
Une  eau saumâtre et si salée …. ! 
Beaucoup de citoyens du douar  ont fini par se résigner  à ne plus consommer l’eau produite et provenant du réservoir communal  de l’eau supposée être potable. Son gout saumâtre et excessivement salée  est à l’origine de son rejet  total par les citoyens qui ne l’utilisent qu’à des fins de travaux ménagers. Malheureusement, selon les dires du citoyen M. H.H, infirmier de son état, cette eau n’est pas bonne du tout pour la santé, elle est à l’origine de quelques maladies cardiovasculaires dont l’hypertension artérielle, la présence du nitrate (sel) en excès au sein de l’eau  peut être un des facteurs déclenchant la maladie, sa consommation par   certains  autres habitants aux bas revenus, demeure un danger  permanent qui les exposent au mal cité. Interrogés sur la désastreuse qualité  de cette eau, quelques citoyens disposant de moyens financiers et ayant pris connaissance de  la nocivité de l’eau, ont opté depuis longtemps pour l’approvisionnement en eau d’une meilleure qualité quitte à la payer si chère.  Dans le même contexte, la citerne d’eau douce et bonne à la consommation  se négocie de 600 à 8OO dinars avec livraison  à domicile, mais les démunis comme me l’a confirmé l’infirmier, ils restent contraints à la  consommation de l’eau salée, au risque  de contracter la maladie, et rares sont ceux qui osent la mendier. Quant à l’A.P.C, elle semble être sourde aux doléances des citoyens du douar sur la question de la qualité de l’eau  livrée, son rôle se limite à l’offrir en quantité selon un autre citoyen, M.B.M, qui a à maintes fois soulevé  cet épineux problème à l’un des membres du conseil  communal, qui s’est contenté juste de sourire sans oser la moindre réponse. L’eau du douar  représente  une véritable menace sur la santé de ses citoyens qui se plaignent de sa qualité physiologique caractérisée par un excès de sel, il est encore temps que la collectivité locale concernée  se penche attentivement sur ce sujet, censé nuire abondamment  à l’état de santé, de par l’hypertension artérielle, une des graves maladies de la santé publique.
Abdallah, un coursier  infatigable mais en colère ….. ! 

Abdallah reste  le coursier infatigable du douar, il demeure  avec sa charrette, l’un des moyens de transport les  plus surs. Presque tous les jours, il assure de deux à trois déplacements au village, il va faire des achats pour lui, sa famille mais surtout pour les pauvres gens du douar. Au bord de sa charrette, il y a presque de tout ;des sacs de semoule et de farine dont le poids ne dépasse guère les 10 kilogrammes, deux ou trois bouteilles de gaz ,et quelques paniers qu’il ramasse le long de la route. Il ne prend jamais des personnes  avec lui, il ne veut point alourdir le fardeau de la pauvre bête.  Il tient à rendre énormément  service aux personnes déshéritées du douar, il se charge souvent de les aider en leur assurant  les divers achats. Beaucoup de veuves le sollicitent pour leur approvisionnement en  ravitaillement alimentaire, mais surtout pour l’achat des médicaments, les jeunes écoliers le prient souvent de les prendre avec lui, et souvent, il n’hésite pas  à descendre pour céder sa place aux petites écolières qu’il rencontre sur son passage. Ayant appris le but du passage de l’un des journalistes de « REFLEXION » au douar ,Abdallah n’a pas  été tendre  envers les élus qui ont abandonné le douar à son sort de mandat électif  à un autre, et il n’a pas mâché  ses mots pour décrire sa colère envers  tous ces autres cadres  du pays qui sont censés défendre les pauvres citoyens de tant de douars qui attendent encore et après presque 50 ans  d’indépendance ,l’aube de meilleurs jours avec  tant de biens et surtout un soleil de liberté qui brille pour tous….. !
 Mohamed El Amine

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