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15 octobre 2011 ~ 0 Commentaire

Ain Sidi Cherif, une commune au bord du désastre écologique

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Mohamed El Amine
Mercredi 14 Septembre 2011
Menacée par les eaux usées de Mesra, qui se perdent librement à travers les champs agricoles de ses douars, la commune de Ain Sidi Chérif fait face à la grogne de ses citoyens qui se sentent lésés, de par la présence de tant de négligences nuisant à la santé des personnes et à l’environnement d’une commune, jadis si propre et prospère…. !

Ain Sidi Chérif porte le nom de l’un des saints de la tribu des 40 burnous de la région des Medjahers, qui occupaient la vaste plaine des Bordjias, qui s’étendait de l’actuelle commune d’El Haciane à celle d’Yllel. Selon l’histoire qui nous a été conté par l’un des personnes âgées de la commune, Sidi Cherif venait de sa tribu, apprendre la religion aux gens du douar perché sur la montagne et où coulait une dizaine de sources dont il ne reste qu’une, le Saint homme officiait également aux 05 prières du jour et invitait les fideles a faire les ablutions avec l’eau de l’une des sources qu’il préférait pour la qualité de ses eaux .Selon toujours le vieux ,H.M, qui nous a également confirmé que l’actuel village colonial a été bâti aux environs de la fin de l’année 1896 par des colons d’origines diverses qui étaient tous des agriculteurs ,qui ont d’abord établi des campements ,et qui étaient accompagnés par des troupes militaires, ils se sont installés en aval de la montagne où se dressait le douar, le bourg des colons a fini par prendre également le nom d’Ain Sidi Chérif, en hommage a son Saint. A l’indépendance, Ain Sidi Chérif perd son statut de commune, elle fut rattachée à la commune d’Aboukir (l’actuelle Mesra), elle ne le regagna qu’après le découpage territorial de l’année 1984 .La localité d’Ain Sidi Cherif redevient une commune à part entière en 1985 ,mais avec un lourd fardeau composé de 13 douars a développer et une population forte de 9826 âmes ,une longue bataille de développement socio –économique fut livrée de plan en plan, mais sans pouvoir mettre un terme ,après 22 ans de lutte contre la pauvreté qui semble sévir encore au sein de quelques douars, et dont les citoyens ne subsistent que grâce aux cultures vivrières et au travail saisonnier de la terre ,qui leur permet de gagner un peu d’argent pour survivre… !

Une cellule de proximité au secours des douars démunis
Classée parmi les communes pauvres de la wilaya, Ain Sidi Cherif ne vit économiquement que de la relance de l’agriculture qui a repris un nouvel essor depuis l’année 2000 avec les programmes de son développement, et depuis, la commune tend à se réapproprier sa vocation agricole avec une forte prédilection pour la culture maraichère qui la distingue depuis si peu. L’activité industrielle n’à venir seconder l’élan agricole qui reste insuffisant et n’a pu résoudre le problème du chômage qui touche une large frange de la population, aucun projet industriel n’a pu être retenu ou lancé à ce jour pour créer un emploi alternatif à celui de la terre. Cette situation malheureuse et propre à la commune semble être à l’origine de l’implantation dés l’année 2001 de la première cellule de proximité de la wilaya par l’agence régionale de développement social (ADS) dont le siège est à Mostaganem en 2001. Installée au chef-lieu, cette structure sociale composée d’une équipe pluridisciplinaire (médecin, psychologue, sociologue et assistante sociale) qui ne s’est pas croisée les bras depuis, elle s’est attaqué a fond au fléau qu’est la pauvreté sévissant au sein des douars ,elle n’a ménagé aucun effort pour faire l’autopsie du mal, elle a fini par dresser la carte sociale de chaque lieu visité après de minutieuses enquêtes auprès des ménages, elle a proposé des remèdes en diagnostiquant le mal, elle a pu intégrer des dizaines de chefs de ménages au sein du filet social, elle a réussi a désenclaver certaines zones rurales isolées par l’ouverture de pistes d’accès, et a lancer brillamment d’autres projets communautaires dont l’alimentation en eau et la création de réseaux d’assainissement au sein de quelques douars de la commune . En plus et en parallèle des structures existantes de la santé, elle assure gratuitement des consultations médicales et psychologiques au bénéfice des citoyens de la commune. « Cette cellule de proximité a été le secours sans faille que nous avons attendu, elle nous a aidé énormément a remonter les multiples pentes sociales, elle nous a rendu l’espoir. Grace a son formidable et aimable personnel qui nous a toujours reçu a bras ouverts sans nous rien exiger, j’ai cessé de toucher à la drogue qui m’envenimait la vie voilà déjà 03 ans et j’ai pu obtenir un boulot au sein d’une école primaire » me déclare, Adjel, un jeune homme qui porte bien sa quarantaine d’années et qui s’estime heureux d’avoir échappé à tant de morosités.

Le transport public, l’handicap majeur de la commune
A une dizaine de kilomètres du chef-lieu de la wilaya, la ville de Mostaganem, Ain Sidi Chérif demeure isolée du reste des communes, de par le manque flagrant du transport public. Aucune ligne de transport n’existe et ne dessert ce lieu et ses douars ; se déplacer de ce coin vers un autre est devenu le calvaire quotidien des citoyens confrontés à d’insurmontables problèmes de ce genre. Cette pénible situation de l’absence du transport a poussé au foisonnement des transporteurs clandestins publics qui viennent de toutes les communes voisines et même de la ville, y exercer cette activité si juteuse. Plus d’une trentaine de clandestins se relayent au centre du village en desservant l’une des lignes la plus fréquentée, celle de Mostaganem- Ain Sidi Cherif, le prix fixé à 30 dinars parait être excessif pour un si court trajet estimé à une douzaine de kilomètres. Certains citoyens exerçant en ville, déboursent une lourde facture mensuelle en frais de transport, ils ne se sortent pas, mais ils n’ont aucune autre alternative pour échapper au diktat des clandestins. Selon Mokhtar, 36 ans, maçon de son état, qui fait presque quotidiennement ce parcours, il se voit contraint de verser mensuellement juste après la perception de son maigre salaire qui ne dépasse guère les 20.000 dinars, un montant de 2000 autres dinars à l’un des transporteurs. Certaines indiscrétions émanant des citoyens rencontrés sur place, laissent entendre que 03 lignes de transport public ont été attribuées aux privés pour desservir la commune, mais les bénéficiaires préfèrent « griller » carrément les passages a desservir en empruntant une autre voie, celle de Mesra-Mostaganem, sans transiter par Ain Sidi Cherif. Le transport public reste un des épineux problèmes de la commune, il a fait et fait toujours l’objet de multiples doléances des citoyens, mais rien ne semble être décidé pour le régler définitivement, le recours au transport « clandestin » au bord de véhicules nuit abondamment aux citoyens qui se sentent lésés, de par la pratique de prix élevés et l’absence totale de sécurité.

Le logement social, un quota plus qu’insuffisant
La commune d’Ain Sidi Chérif n’a pu être gâtée en matière d’attribution de quotas en logement sociaux, elle n’a eu le droit qu’à une soixantaine de logements, au juste 65 déjà distribués pour une demande évaluée à 700 postulants qui attendent impatiemment le tour d’être servi. Une vingtaine d’autres, est en construction, mais elle risque de ne point suffire pour satisfaire les citoyens qui se sentent frustrés par rapport aux quotas attribués aux communes voisines. Ahmed, marié, père de deux enfants, a déposé un dossier depuis l’année 2003, n’a pas pu bénéficier de ce logement dont il rêvé depuis 08 ans, il pense répondre à tous les critères d’attribution et que le favoritisme semble régner en matière de distribution. Au siège de l’APC, la question est tranchée définitivement sur ce type de logement, la gestion des demandes est plus que transparente, tous les postulants auront un logement, par un ordre de mérite et surtout de l’ancienneté du dépôt du dossier. Le cas d’Ahmed est semblable à des dizaines d’autres, son dossier est parmi les nouveaux dossiers, d’autres ayant déposé des demandes en 1999, n’ont pu être les heureux bénéficiaires de ce premier quota de logements. Le reste des autres types de logement, est mieux étoffé, surtout le logement rural qui se taille une bonne part en s’offrant la construction de 400 habitations rurales, dont 200 sont déjà réalisés et occupés. Cette optique a été délibérément choisie par les autorités locales pour répondre au programme du renouveau qui tend à stabiliser la population rurale, proche des lieux d’exercice de l’activité agricole, qui distingue la commune. Beaucoup de fellahs des 13 douars ont bénéficié de cette offre, qui les a aidé a s’établir a quelques dizaines de mètres de l’exploitation agricole. Quant au logement social participatif, seuls 28 logements ont été construits, cette formule ne semble point connaitre un engouement auprès des citoyens de la commune. La cherté de ce type du logement est à l’origine de son rejet, les gens préfèrent opter pour le logement rural ou attendre la réalisation d’autres logements sociaux.

Une jeunesse éprise par la pratique du « matrag » et des réseaux sociaux de la toile
Malgré l’oisiveté qui règne d’un coin de rue à l’autre au village, les jeunes ne désespèrent pas et ne cèdent pas à la déprime. Tôt le matin, ils assiègent la nouvelle bibliothèque gérée magistralement par une équipe de jeunes licenciés, qui a fini en laps de temps si court par faire du lieu, un véritable pole d’intérêt collectif attirant plus d’une centaine de jeunes, tous accrocs des réseaux sociaux (surtout le Face book qui a battu tous les records d’adhésion ) . Ces derniers sont scindés en deux groupes qui se relayent sur la vingtaine de postes existants, de 08 heures du matin à 22 heures vers le tard, l’attente du tour les a poussés également a devenir de fervents lecteurs au sein de la bibliothèque. Quant au centre culturel situé juste à coté, il ne désemplit point durant ses horaires d’activité, il demeure pris d’assaut dés les 16 heures, par d’autres adeptes d’un sport ancestral, le « matrag » devenu le sport le plus pratiqué à la commune et dont l’équipe se targue de s’offrir une des meilleures places au plan national.
Cette équipe est composé d’une trentaine de pratiquants dont 10 sont déjà des maitres chevronnés (Chioukhs) et sont convoités par les équipes des villes d’Oran et de Relizane, pou leur maitrise de cet art millénaire qui a retrouvé ses lettres de noblesse en cette localité où le « matrag» d’antan des tribus des Medjahers se manipulait avec brio en ces temps glorieux des fameuses « zazates » (bagarres) qui éclataient pour de simples histoires de nez (honneur).Le stade communal ne parait pas intéresser assez de monde, pour la simple raison d’absence d’une équipe liguée au sein de la fédération du football. La pratique des arts martiaux (le kil boxing) seconde le pas au « matrag » et semble drainer une foule importante de jeunes qui se livrent corps et âme a ce sport de combat avec tant d’intérêt.

Le transport scolaire, un casse-tête difficile à résoudre
Le monde scolaire n’a pu être épargné par tant d’insuffisances au sein de cette commune qui n’a pu venir au bout de ses multiples problèmes de manque se signalant presque partout sur le volet social. Le transport scolaire est l’un des plus importants a en souffrir ;les 02 bus affectés à ce créneau ne parviennent plus a répondre aux besoins du transport des élèves qui fréquentent l’unique collège d’enseignement moyen et surtout qui se déplacent vers le lycée de Mesra pour poursuivre les études secondaires. Le déplacement des élèves des douars vers le chef-lieu, se pose avec acuité, la disponibilité d’autres moyens de transport scolaire, est plus qu’une urgence à l’approche de la saison hivernale qui s’annonce rude. Un collégien, Nadir, fréquentant la quatrième année moyenne se dit déjà fatigué de se rendre encore à pied à son douar, le bus scolaire risque de tarder encore à cause des multiples navettes qu’il a faire.

Les ordures et les eaux usées de Mesra, un désastre
En plus de ses tares relatives à son développement, La commune d’Ain Sidi Cherif fait face à de véritables menaces écologiques touchant à son territoire, provenant de la commune –mère qui évacue ses déchets solides et liquides aux frontières de la localité du chef-lieu. La décharge publique de Mesra, située juste à la frontière « sud » du village, nuit énormément de par l’incinération des ordures aux citoyens qui se barricadent dés la tombée du soir chez eux pour ne plus sentir les odeurs nauséabondes qui se dégagent du lieu. Aucune solution à ce problème n’a pu voir le jour.Quant au drain des eaux usées provenant de Mesra, qui traverse les localités d’El Kessaisia et Slamnia,il demeure à ce jour une menace écologique permanente pour l’environnement et surtout la santé des citoyens. Certes, il a fait l’objet d’une protestation publique, et a abouti à l’installation d’une cellule de crise qui étudie de jour en jour la situation en proposant des mesures pour en finir avec le drain de la colère et soulager définitivement les citoyens ,dont certains ont vu leurs champs agricoles totalement inondés par les eaux sales et devenir incultes depuis voilà 14 ans, d’autres ont assez de recourir à l’utilisation d’insecticides inefficaces en face d’une armée de moustiques, occupant tôt toutes les pièces de maisons.
Au douar d’El Kessaisia,dont le citoyen S.M,fellah de son état, a tenu a me faire voir ce lieu du sinistre qui se paye un piètre état, citoyens ne cessent de demander où sont toutes les promesses qui leur ont été faites, dont l’arrêt du drain de la colère, la remise en état de marche de la station d’épuration dans un délai qui ne dépassera guère le mois. Ain Sidi Cherif mérite une attention particulière de la part des autorités locales, en face de tant de difficultés en tous genres qui attendent depuis des années, des solutions au lieu de tant de bricolages…. !

Mohamed El Amine
Mercredi 14 Septembre 2011

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