Archive | SIRAT

15 octobre 2011 ~ 0 Commentaire

Sirat, un pôle agricole à l’abandon..!

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Mohamed El Amine
Jeudi 6 Octobre 2011

Sirat, une commune à forte vocation agricole semble se battre à jamais contre une eau difficilement mobilisable et assez suffisante pour continuer à irriguer ses riches terres qui produisent, bon an et mal an, des centaines de tonnes de produits maraichers qui inondent le marché de gros de Sayada et s’exportent déjà vers les autres wilayas du pays. Ce pôle agricole saura t-il tenir son rôle, en face de l’abandon qui parait le caractériser
au fil des années …. !

Selon les versions sur les origines du nom de cette ville agricole, le mot « Sirat » dérive d’un nom purement arabe qui veut dire en langue française ( va et ramène avec toi),une autre version laisse entendre également que ce nom est issu du mot arabe au pluriel, traduit en français par le mot « chemins ou pistes «,sa création remonte à l’époque ottomane vers les années 1700 ,selon une étude effectuée par le secrétaire général de la commune, mais aussi à la découverte de vestiges datant de cette ère d’après un agent du bureau local de l’office national du tourisme .Issue du dernier découpage et de l’aménagement du territoire en nouvelles communes de l’année 1984,la commune de Sirat regagna son statut de commune qu’elle a perdu à l’indépendance en étant rattachée à la commune de Bouguirat. Le 1er Janvier 1985, elle accéda de nouveau au rang de commune à part entière. Forte d’une population concentrée plus particulièrement en milieu rural, estimée à 21.677 âmes selon le dernier recensement effectué en 2010 et de 16 immenses douars, dont certains ne disposent pas encore de l’eau courante et de l’assainissement .D’une superficie dépassant largement les 7O kilomètres carrées, dont 60% est occupée par des terres agricoles fertiles s’étendant sur la plaine débutant aux frontières de la commune de Mesra et finissant vers celles de la commune d’El Haciane, la commune de Sirat demeure à la tête des communes à forte vocation agricole, sa production en centaines de tonnes de cultures maraichères inonde quotidiennement le marché de gros des fruits et légumes de Sayada dont une énorme quantité de légumes diverses est exportée vers les villes de l’est et du centre du pays. Malheureusement, ce pôle agricole connu à l’échelle nationale pour ses rendements agricoles en matière de production maraichère, nécessite selon les fellahs de la commune, un peu plus d’intérêt en aides financières ,matérielles, et en ressources hydriques de la part de la direction des services agricoles qui doit les assister et les soutenir davantage mais qui semble encore les ignorer selon les dires de l’un de ces fellahs, le vieux H.M,78 ans, toujours actif, qui réclame à ce jour, l’indemnisation qui lui a été promise pour la destruction de 16 chapelles agricoles par les orages de vents de l’hiver 2010.

Des ressources hydriques insuffisantes pour le citoyen et sa terre
Malgré ses 10 forages d’eau, la commune de Sirat n’a pu parvenir à faire face à la forte demande exprimée en matière d’eau par ses citoyens ; l’eau se fait encore désirer en milieu rural, son manque en période estivale devient un calvaire quotidien pour certains citoyens ne disposant pas de moyens pour s’en approvisionner en suffisance. A ce jour, 04 douars en zone éparse de la commune restent encore alimentés par citerne, les 06 châteaux d’eaux parviennent juste à alimenter les 70% de la population urbaine et semi rurale dont une couverture à 100% au chef-lieu. L’eau, élément vital pour tout processus biologique, parait ne point répondre surtout aux besoins d’irrigation de cette commune qui bénéficie d’un apport considérable en meilleures terres agricoles de toute la wilaya. Caractérisées par une composition fortement sablonneuse, ces terres nécessitent une irrigation abondante pour de meilleurs rendements agricoles, malheureusement cet apport hydrique tend à se rationaliser d’année en année en face de la baisse drastique du niveau d’eau des puits agricoles dont certains de l’époque coloniale et nécessitent des réaménagements de fond en comble, alors que d’autres sont taris depuis des années. Cet amer constat du manque d’eau est à l’origine de la mort précoce de quelques vergers de la région, mais surtout à la baisse du rendement agricole qui se constate depuis plus d’une dizaine d’années, marqué également par le faible taux pluviométrique enregistré à travers presque tout le territoire de la wilaya. Seule, la levée de l’interdiction de creusement de puits au sein du territoire de la wilaya pourra mettre fin au désert agricole qui s’annonce face au manque flagrant d’eau pour l’agriculture, selon le jeune fellah K.L, qui a pris la relève au sein de l’exploitation familiale agricole. Licencié en chimie organique et sans emploi depuis déjà 05 ans, il s’est orienté vers l’agriculture qui reste un des importants domaines économiques à relancer coute que coute pour garantir un avenir alimentaire prospère, il croit dur en ce créneau fort rentable , il pense que la mobilisation de nouvelles ressources hydriques par le biais du creusement de nouveaux forages et le drainage des eaux de barrage vers Sirat, ne pourra qu’être bénéfique et quintupler sa forte production agricole, mais, pour le présent ,aucune mesure concrète n’a pu être prise en ce sens… !

L’habitat, une crise des plus inextricables
A l’instar des autres communes de la wilaya, Sirat parait être la plus exposée à la crise du logement et souffre davantage de ce lourd handicap, le quota attribué reste plus qu’insuffisant, seule 25% de la demande en logement a pu être satisfaite depuis les années 80. A ce jour, 178 logements sociaux ont été distribuées au chef-lieu en face d’une forte demande évaluée à plus d’un millier de postulants (156O dossiers) à ce type de logements. D’autres logements sont en cours de réalisation, les travaux ont atteint un bon taux d’avancement (95%), mais le nombre (112) demeure encore au delà des attentes des citoyens, les autres formes de logements n’ont pu obtenir l’adhésion des citoyens à leur programmes ; le logement social participatif depuis le lancement de son programme n’a jamais pu drainer un nombre satisfaisant de demandeurs, seuls 39 logements sont en cours de réalisation et les travaux viennent juste d’atteindre les 70% . Rencontrés au seuil du siège de l’A.P.C, quelques citoyens se questionnent sur les lenteurs de réalisation des logements sociaux et surtout de l’insuffisance de l’offre qui ne pourra jamais être satisfaite en fonction des quotas alloués, d’autres n’hésitent pas à remettre en cause la distribution qui n’a pas été aussi transparente, car selon certaines indiscrétions, une dizaine de jeunes fellahs ont accédé à ce type de logements réservés aux bas revenus. Un autre langage nous a été tenu à ce propos, par l’un des membres de l’A.P.C, que les jeunes cités sont des chômeurs mariés avec enfants, qui travaillent la terre en qualité d’ouvrier journalier, et dont 2 ou 3 sont des fils de fellahs connus à Sirat, mais qui vivent indépendants du soutien paternel. Quant au logement rural, il a bénéficié d’un important quota en raison de la politique engagée par l’état, axée sur le renouveau rural consistant en un développement tous azimuts du monde rural ; la commune de Sirat a été gâtée avec l’octroi de 1500 logements déjà construits à ce titre et d’une nouvelle offre de 500 autres aides financières pour la réalisation de logements ruraux. Malheureusement, certains fellahs se sentent lésés de ne pas pouvoir encore bénéficier de cette aide qui semble suivre également un certain privilège pour une catégorie d’agriculteurs ;la réponse qui nous a été faite à ce sujet est assez convaincante ,l’aide financière à l’habitat rural n’est pas spécifique aux fellahs, elle est destinée à tout citoyen vivant en zone rurale, disposant d’un logement précaire ou vétuste nécessitant un réaménagement ou la construction d’un logement d’une valeur de 700.000 dinars algériens.

Une jeunesse, en proie à l’ennui et à l’oisiveté
Fortement dominante en zone rurale, la jeunesse de Sirat ne semble être préoccupée que par la lutte acharnée contre l’ennui et l’oisiveté qui les guettent du matin au soir. Au sein des douars qui crient la désolation d’exister en noir et blanc, les jeunes ne savent ni où aller ni que faire, aucun lieu de loisirs ou de détente ne les abrite, seuls l’ombre des figuiers ou des oliviers tente de les rassembler en bande de 3 à 5 jeunes ,ils se tournent en dérision faute d’autres moyens de tuer le temps qui assassine leurs jours qui s’en vont avec tant d’amertume et de regrets de ne rien faire de bon. Abdallah, Charef et Tayeb, un trio de jeunes adolescents de 15 à 17 ans ne vont plus à l’école depuis deux ans déjà, ils s’occupent de la terre des autres, ils sont de toutes les récoltes de maraichage, ils ont opté pour le travail saisonnier qui leur permet de gagner de l’argent suffisant pour se payer de quoi se vêtir, d’offrir un peu de fric aux parents et se payer de temps à autre des virées à la ville de Mostaganem où ils viennent se promener, s’offrir de bons repas et « se racler déjà la gorge » comme les adultes. Rien d’autre ne semble intéresser cette bande de jeunes loups, décidée juste de gagner beaucoup d’argent ,le convertir en euros et prendre le chemin de la « harga »,qui hante encore l’esprit de tant de jeunes rencontrés de douar en douar . Ahmed, 24 ans, membre de l’association des activités de la jeunesse, rencontré au seuil du centre culturel de la bourgade, déclare avec rage que l’établissement culturel est presque vide, l’internet n’est pas encore disponible et reste le seul moyen qui permet aux jeunes de s’évader pour quelques heures au vide qui les tue à petit feu du berceau au linceul au sein de cette commune qui semble fermer tous les horizons aux jeunes qui ne demandent que de « survivre »… ! Ahmed ne mâche plus ses mots pour parler de tous ceux qui sont censés soutenir et aider la jeunesse à mieux évoluer au sein de climats sains, ces personnes qui ne font que promettre sans rien faire mais qui reviennent souvent convoiter ses voix pour juste pour les joutes électorales… !

Des infrastructures scolaires et sanitaires, rares en milieu rural
Les 07 écoles primaires injectées à travers les 16 douars ne paraissent plus répondre à l’attente des parents d’élèves qui avalent mal la pilule de voir encore leurs enfants faire tant de kilomètres pour atteindre leurs bancs d’école, surtout en hiver. Certains élèves sont contraints de faire de 2 à 3 kilomètres/ jour pour se rendre à l’école situé au douar voisin. Un certain déséquilibre semble régner en milieu rural pour le partage des 1500 élèves du cycle primaire dont un taux élevé fréquente les 03 écoles primaires du chef-lieu, la surcharge des classes se fait encore constater au sein de quelques unes en zone rurale. Les deux collèges du cycle moyen et l’annexe ne parviennent plus à contenir tous les élèves du cycle primaire qui y viennent annuellement prendre place au sein des classes de la 1ere année qui sont pleines à craquer ; l’unique lycée se sent également déborder par le flux des nouveaux élèves qui débarquent au sein de ses classes de 1ere année. Les 1800 élèves des cycles moyen et secondaire en ont un grand besoin de voir un second lycée et un nouveau C.E.M ouvrir leurs portes pour mieux respirer et surtout s’instruire sans trop se bousculer. Quant au ramassage scolaire, il reste trop insuffisant pour assurer convenablement le transport des écoliers, le vieux « VOLVO » passe plus de temps à se faire dépanner que de rouler, les 04 autres minibus de 14 places ne parviennent plus à venir à bout de ces dizaines de navettes à faire par jour de douar en douar ;la nécessité du renouvellement et d’acquisition de nouveaux bus est plus que souhaitable pour tout le bonheur des écoliers issus du milieu rural, qui ressentent le plus le besoin d’être déplacés d’un lieu à l’autre. La santé n’a pu être également mieux lotie que l’éducation en cette commune où certains de ses douars n’ont pu à ce jour ,disposer de salles de soins et dont les citoyens sont bien obligés de faire quelques centaines de mètres pour recevoir le vaccin sollicité ou se faire injecter le produit prescrit, les 16 douars se départagent les prestations en matière de besoins de santé des 04 salles de soins qui existent à travers le milieu rural . Certaines de ces salles demeurent éloignées de quelques douars dont les citoyens ont assez de mal pour les joindre, surtout pour les vaccinations pédiatriques soumises à un calendrier à respecter, ils espèrent que leur nombre se multiplie dans un proche avenir pour une meilleure couverture sanitaire surtout en zone rurale où les maladies sont de plus en plus fréquentes.

Une agriculture dominante, mais encore archaïque…. !
L’agriculture est le fer de lance et l’unique activité économique de cette commune qui la tient de vocation ancestrale, elle se pratique depuis la nuit des temps, plus de 50% de sa population est issue du monde rural, et vit des revenus agricoles, trop de ces citoyens ne savent que retourner la terre et survivent de ses multiples bienfaits, la ville demeure cernée par d’immenses champs agricoles qui se perdent à vue d’œil le long de la plaine qui s’étend vers les frontières des communes voisines de Mesra ,de Bouiguirat , de Ain Sidi Cherif et d’El Haciane.
Elle se distingue par la pratique d’une monoculture qui répond aux qualités du sol sablonneux de la région, le maraichage qui occupe d’immenses parcelles de terre, est largement dominant au détriment des autres cultures moins pratiquées. Cette culture intensive permet aux fellahs de s’assurer de très bonnes récoltes avec des rendements suffisants, mais l’eau en quantité insuffisante ne cesse de nuire d’année en année à la production qui connait une baisse considérable depuis déjà une dizaine d’années.
Le retour des maladies parasitaires de quelques légumes dont la tomate et la salade, pousse certains fellahs à se détourner de la culture de ces dernières, ils sollicitent l’intervention des services techniques de l’agriculture qui semblent absents de la lutte contre ces fléaux qui nuisent aux cultures et ne viennent aux champs que pour s’approvisionner en légumes .
D’autres agriculteurs continuent de cultiver la terre selon les méthodes archaïques et traditionnelles, loin de toutes les nouvelles découvertes en agronomie, et tant de nouveaux moyens de production permettant de doubler les rendements agricoles et de réaliser des performances jamais atteintes grâce aux nouvelles techniques ,malheureusement, ces derniers sont restés sur leur soif selon leurs déclarations, personne n’est venu à ce jour leur apprendre quoique soit sur ce qu’ils voient à travers les écrans de télévision sur le nouveau monde de l’agriculture qui fait des merveilles ailleurs, pas à Sirat, une commune riche en potentialités agricoles, qui n’a rien à envier à ces campagnes verdoyantes de par ce vaste monde…. !

Mohamed El Amine
Jeudi 6 Octobre 2011

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